Debout - Accrochez

  Gazette des Anciens     Mai - Juin 2004

Cette Gazette est ouverte à tous les Anciens dans le cadre du site


Devoir de mémoire . . .

<< Le Devoir de Mémoire, pour les faits comme pour les hommes, c'était une partie de l'ESPRIT PARA , esprit dont les anciens avaient le culte et croyaient transmissible . . .>>

J.Rosier

<http://perso.wanadoo.fr/unpara>


Présidence UNP du Général GRACIEUX
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Trente ans déjà qu'il nous a quitté . . . Le temps passe et l'oubli grandit

Si les Anciens de plus en plus rares se souviennent, de nombreux jeunes posent des questions auxquelles bien peu sont capables de répondre !
Mais qui était donc ce célèbre Général dont les vétérans parlent avec émotion, et qui pourtant semble aujourd'hui, quelque peu oublié par les hautes sphères associatives.
?
( Mis à part la section UNP départementale de la Mayenne ou il repose)
S'il fut un grand Soldat, il fut aussi le Grand Patron sans qui l'UNP n'aurait pu continuer d'exister.
Sa réussite militaire comme sa réussite sociale furent évidentes, mais il n'en tira jamais aucune vanité ni m'as-tu-vuisme.
Doué d'un grand sens humain tout en restant toujours le chef, il savait se mettre à la portée des petits comme des grands.
Sans avoir besoin de le rechercher, il avait naturellement le respect de tous.

Un Grand Monsieur.
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Bibliographie

Jean Gracieux est né le 16 juillet 1908 à Réalmont, dans le département du Tarn. Il fait ses études au collège de Château-Gonthier et au prytanée militaire de La Flèche. Il intègre l'Ecole Spéciale Militaire de Saint Cyr en 1927 (promotion Maréchal Galliéni) et en sort en 1929, sous-lieutenant des Troupes Coloniales. Sa première affectation est au Soudan, méhariste dans la région de Gao, puis au Maroc. il est affecté comme instructeur à l'Ecole des officiers africains à Saint Louis du Sénégal.
Il est lieutenant en 1931 et capitaine en 1937. En 1938, il est en poste auprès du général Buhrer, chef d'état-major général des colonies au ministère des colonies dont le titulaire est Georges Mandel. Au début de la guerre de 1939-45, il commande une compagnie de tirailleurs sénégalais.Grièvement blessé, soigné à l'hopital de Montpellier, En 1943, avec le grade de commandant, il est à Alger et le 1er juin 1944, il est chef d'état-major du 6ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais (6 ème R.T.S. qui deviendra 6ème R.I.C., 6ème Régiment d'Infanterie Coloniale, le 1er novembre 1944) stationné en Corse avant de débarquer sur l'île d'Elbe les 17 et 18 juin. A ce poste, il fait toute la campagne de France : libération de Toulon à la fin d'août 1944, démantèlement de la résistance allemande dans la poche du Doubs à la mi-novembre, élimination, fin novembre­début décembre, de toute présence de troupes allemandes dans le sud du Haut-Rhin (à Village-Neuf, Huningue, Loechle et Kembs) et réduction par le sud de la poche de Colmar, fin janvier - début février 1945.

Lieutenant-colonel en 1945, il est directeur-adjoint des troupes coloniales. Affecté en Indochine, en 1948, il est sous-chef d'état-major, chargé des opérations, à l'état-major du Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient. De fin 1950 à mai 1953, il est 1er sous-chef d'état-major, chargé des opérations, à l'état-major interarmées et des forces terrestres en Indochine dont le chef est le général Allard. En 1954, après Dien Bien Phu, il est de retour en Indochine avec les généraux Ely et Salan  lors de l'opération Auvergne de rétraction dans le delta du fleuve rouge.   

Colonel, il est adjoint au général Gilles, commandant les troupes aéroportées,  lors de l'opération sur Suez en 1956. Il prend ensuite le commandement de la brigade de parachutistes de Bayonne et forme des générations de paras qui n'oublierons jamais le chef humain qu'il était.Puis il de rejoint l'Algérie, au début de 1957, comme adjoint du général Allard commandant le corps d'armée d'Alger puis chef du 3ème bureau de l'état-major du général commandant supérieur interarmées. En mai 1958, il commande la 9ème division d'infanterie à Orléansville et se heurte au préfet Chevrier, opposé au mouvement du 13 mai. Il le remplace comme préfet d'Orléansville tout en conservant son commandement. Il y reçoit, le 2 octobre 1958, le général de Gaulle qui prononce le lendemain, à Constantine, un discours détaillant le plan de développement de l'Algérie, dit « Plan de Constantine ».

De février 1959 à fin janvier 1960, à la suite du général Massu, il commande la 10ème division parachutiste. Au moment de l'affaire des Barricades, du 25 janvier au 1er février 1960, il est commandant de la zone Alger-Sahel. Inspecteur des troupes aéroportées en  avril 1960, il est promu général de division et en avril 1961 il prend à Paris l'Inspection des troupes aéroportées, juste avant d'être mis en disponibilité, en mai 1961, en raison de ses sympathies pour la cause de l'Algérie Française. Il est placé en 2ème section en 1963.

Il assure alors, comme bénévole, le secrétariat général de la Chambre syndicale de la mécanique de haute précision. Là encore, ses grandes qualités sont appréciées, son inaltérable courtoisie et son extraordinaire contact humain lui donnent tout de suite une très grande influence. Malgré un travail absorbant, il n'oublie pas ses chers paras, et dès 1964, il assume la présidence de leur Union. Le 20 juin 1965, il succède officiellement au colonel Trinquier comme président de l'Union Nationale des Parachutistes où il est secondé par les colonels Buchoud, Trinquier, et le commandant Cabiro comme vice-présidents, et Jean Rosier, comme secrétaire général. Il s'occupe particulièrement du reclassement professionnel des officiers « dégagés » des cadres ou condamnés à la suite des événements d'Algérie ainsi que des nombreux anciens parachutistes en quête d'une reconversion dans la vie civile. En 1966, il accepte aussi de présider l'Association des Combattants de l'Union Française (ACUF)

Il meurt le 23 avril 1974 dans la souffrance d'une cruelle maladie ce qui fera dire au Général SALAN dans son allocution à ses obsèques :<< Je l'ai vu, il faisait front avec courage contre une douleur intolérable, s'efforçait de sourire, de ce bon sourire qui était la marque de son coeur généreux. Et la mort vint le surprendre >>.
Ses obsèques sont célébrées aux Invalides en présence des maréchales Leclerc, de Lattre et Juin, du général Salan, de Georges Bidault et de deux anciens premiers ministres du Vietnam, messieurs Nguyen Van Tam et Tran Van Huu.
Il est inhumé à Château-Gonthier
Jean Gracieux était grand-officier de la Légion d'honneur avec treize citations et de nombreuses décorations étrangères et coloniales.

Le Soldat n'est pas un homme de violence.
Il porte les armes et risque sa vie
Pour des fautes qui ne sont pas les siennes.
Son mérite est d'aller sans faillir au bout de sa parole
Tout en sachant qu'il est voué à l'oubli.

Antoine de SAINT EXUPERY

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De gauche à droite, au 1er rang : général Gracieux - colonel Bigeard - général Gilles - colonel Lelay

Le général Gracieux,  président de l'UNP,
avec le secrétaire général J.Rosier


Un bel exemple du Devoir de Mémoire

Le monument érigé à l'initiative de Rolf Rodel, ancien Sergent chef de la Légion Etrangère sur le site de Diên Biên Phu, devenu terrain de cultures, où près de 3 000 soldats ont été tués.
Une convention d'entretien a été signée, en juin 1998, entre l'Ambassade de France à Hanoï et la Province de Lai Chau.
Rolf Rodel est décédé en janvier 1999.
 
Le PC du général De Castrie à Dien-Bien-Phu dans sa reconstitution actuelle
 


 
(extrait de "debout les paras" n° 188 par le Lt-Cel J.Roucaute)

Souviens-toi

6 juin 1944 - Le Débarquement des Alliés en France

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Les 82° et 101° divisions aéroportées des USA sautent sur Sainte Mère l'Eglise

Première commune libérée de la France, Sainte-Mère-Eglise le doit à l'opération aéroportée menée en parallèle avec le débarquement à Utah Beach.

Les 82ème et 101ème divisions aéroportées américaines ont en effet reçu mission d'isoler la presqu'île du Cotentin (dans la perspective d'une offensive rapide sur Cherbourg) et d'éviter aux soldats débarqués à Utah Beach de demeurer bloqués entre la mer et une zone de marais artificiellement inondée.

A partir de 1h30 le jour J, 13 000 hommes sont parachutés sur 6 objectifs. La nuit et la D.C.A. allemande font en partie échouer l'opération : 1 500 hommes de la 101ème division sont tués ou capturés à leur arrivée au sol ; d'autres tombent à 40 km de leur point de rendez-vous ; d'autres, nombreux, se noient dans les marais.

Cependant, la 82ème division, qui a reçu pour mission d'établir une tête de pont sur la rivière Merderet et de prendre Sainte-Mère-Eglise, va mieux viser son objectif. On sait que, par un fâcheux hasard, une maison de Sainte-Mère était en train de brûler cette nuit là, mobilisant les pompiers et de nombreux curieux. Les parachutistes ne profitent donc guère de la complicité de la nuit et certains tombent au vu de tous, l'un dans la maison en flammes, un autre en restant suspendu au clocher.

Les parachutages étant bien ciblés, Sainte-Mère se trouve toutefois encerclée très vite et la bourgade est occupée, à 4h30, par le 3ème bataillon du lieutenant-colonel Krause. Dans la journée, une contre-attaque allemande échoue : Sainte-Mère-Eglise est entrée dans l'histoire de la Libération.

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Sur les plages, les alliés débarquent.

 
Des milliers d'hommes meurent pour notre liberté.
 
SOUVENONS - NOUS.
 

Algérie
 
Jean Pierre Rondeau nous adresse le communiqué de presse suivant :
 
Haguenau (6 7) -
 
Le brouillard de la mémoire
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Mardi soir, à l'issue de la représentation de la pièce « Mémoires à la dérive », des lycéens bischwillerois ont pu interroger Slimane Benaïssa, l'auteur, acteur et metteur en scène de cette pièce au thème brûlant.
 Avec Mémoires à la dérive, Slimane Benaïssa a entraîné le public de la salle du petit manège dans une réflexion sur la guerre d'Algérie et ses répercussions sur l'Algérie d'aujourd'hui. Un groupe de lycéens composé d'une classe de première S et des élèves de l'option théâtre du lycée Maurois de Bischwiller, accompagnés par leurs professeurs Sonia Hirtenberger et François Darrieu-Merlou, a profité de l'occasion pour discuter avec le dramaturge algérien.

Riche et dense.
 Ce dernier devait tout d'abord se rendre dans leur lycée mais un train raté ne lui en a pas donné l'occasion. C'est Gérald Chatelain, l'acteur jouant le rôle du militaire français, qui s'est chargé de cette première prise de contact. Après la pièce, les lycéens avaient encore une foule de questions à poser...
Les réponses furent à l'image de la pièce, riches et denses.
Les propos de Slimane Benaïssa ont permis de comprendre l'enjeu actuel de cette pièce qui montre que les maquisards du FLN (Front de libération nationale) et l'armée française n'avaient rien à s'envier en terme d'atrocités. « Ce n'est pas parce qu'on défend une cause juste qu'on peut faire n'importe quoi », a précisé l'auteur. Son regret : que les maquisards algériens ne se soient pas expliqués sur ce qu'ils avaient été contraints de faire. Au contraire, durant trente ans, leurs actes ont été glorifiés en Algérie, « des films ont fait l'apologie du terrorisme » tout en niant les horreurs commises du côté algérien. Ceci expliquerait pourquoi les islamistes du GIA (Groupe islamique armé) ont eu pour premier réflexe de prendre le maquis...
 Quant à la torture utilisée par l'armée française, Slimane Benaïssa estime qu'il revient aux Français, et non à lui, d'aborder et d'affronter ce thème. Toujours dans le but de lever le « brouillard » - l'expression est d'une lycéenne - qui encombre notre mémoire collective, des deux côtés de la Méditerranée. Et pour finalement permettre la réconciliation de deux peuples devenus « dix fois plus étrangers l'un à l'autre ».

Triple casquette.
 Sur sa triple casquette d'acteur, auteur et metteur en scène, Slimane Benaïssa a expliqué qu'en Algérie il ne pouvait faire autrement que de mettre en scène ses textes pour éviter qu'ils ne lui échappent et qu'il avait eu envie de les dire à la manière d'un poète qui sait seul faire sonner ses mots. Un art difficile puisqu'il met « quatre fois plus de temps à écrire une pièce qu'un roman » et que celle jouée mardi à Haguenau en est à sa quatrième version.

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Vers un changement ?
par Jean Pierre RONDEAU
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<< Les maquisards du FLN et l'armée française n'avaient rien à s'envier en terme d'atrocités . . . >>

Comment peux-tu trouver qu'il y a changement dans le bons sens? Honte aux organisateurs et au journal, nouveaux porteurs de valises, qui s'attaquent à nos enfants et qui attisent la haine des enfants de ceux qui fuient leur misère et leurs conditions de vie.
Il n'y a pas de changement, c'est trop facile ! Il ne faut pas tomber dans le piège d'un opposant au gouvernement algérien actuel qui met FLN et Armée française dans le même camp.
L'armée française n'avait pas institutionnalisé la torture ou le massacre des populations.
Par contre le terrorisme urbain l'a conduit à faire parler des gens.
Que se passe-t-il actuellement dans le Monde entier? de Guantanamo aux prisons israeliennes, espagnoles ou britanniques (Irlande). et je ne parle pas ici de bonne ou de mauvaise cause.
Car quelle que soit la cause, celui qui a en face des terroristes qui s'attaquent aux populations civiles doit faire parler. Et s'il est reponsable de leur sécurité, il est un lache s'il ne le fait pas. Va-t-il se réfugier dans des considérations philosophiques et laisser massacrer ses civils? Si on tient les réseaux du 11/9 ou en Espagne, et si de bonnes raisons font penser qu'une partie ont échappé et se cachent aux USA ou en Espagne en attente de nouveaux attentats, faut-il les faire parler? Poser la question c'est y répondre.
Merci disaient nos mères Pieds -Noirs, comme le diraient demain nos mères parisennes si les attentats surviennent, ou les mères algériennes quand les bombes explosent à Alger.
Et il y a certainement chez nous quelques sadiques comme dans toutes les guerres, mais...
Le FLN avait organisé une politique de terreur contre
1) - les Musulmans, pour les faire basculer dans son camp par la peur,
2) - les Européens pour les faire réagir, puis pour les faire paniquer et partir: guerre religieuse et nettoyage ethnique

 

Jean Pierre RONDEAU
jean-pierre.rondeau2@wanadoo.fr


2°. R. P. C.
 
(2° Régiment de Parachutistes Coloniaux)
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« Bataillon BLIZZARD » 

par Pierre Leulliette
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Le 2 novembre 1954, les Arabes d'Afrique du Nord préludent à ce qui sera la « guerre d'Algérie » en assassinant une jeune femme et son non moins jeune mari : les époux Monnerot. Ca leur apprendra à être français et prétendre enseigner aux petits yaouleds des Aurés la lecture et l'écriture. Allah akbhar ! Krim Belkacem, maître à « penser » de ces héroïques tueurs d'instituteurs est formel : « une nouvelle recrue (dans son «Armée-de-Libération-Nationale ») doit assassiner au moins un colonialiste » Au moins !
Deux ou trois jours après ce petit massacre inaugural, mes jeunes camarades et moi, nous déboulons sur les lieux. En catastrophe. Quelques semaines plus tôt, nous avons signé un Contrat d' « engagé » (très) « volontaire » pour l'Indochine mais monsieur Mendès- France est passé par là. Et, là-bas, le combat a cessé, non, du reste, faute de combattants Nous avions rendez-vous avec les « viets » et les « nha-qués ». C'est chez les « arabes » et les « chaouïas » que nous surgissons, plus rapides que les taxis de la Marne, mitraillette aux pinces ­ premier fer d'une première lance. Seuls, quelques sous / offs, parmi nous, ont eu le temps d'aller jouer au Nain Jaune en Indo, qui en ont gardé des souvenirs d'une grande fraîcheur. Relais.
En cette Indochine même, on vient, donc, de tourner une dernière page. A nous d'écrire le premier chapitre d'une tout autre histoire qui sera longtemps illisible aux yeux de ceux qui ne savent ou ne veulent pas lire. Au même titre que le 11 septembre 2001 n'est rien d'autre que le coup d'envoi de la Troisième Guerre Mondiale, quoi qu'en dise le chur des autruches, la Toussaint sanglante de 54 est l'ouverture d'une guerre de 7 ans qui n'ose dire son nom. « L'homme croit ce qu'il désire » note César. Ainsi, n'est-on même pas censés partir en guerre mais simplement nous porter sur le Théâtre d'Opérations, sinon Extérieures (T.O.E), du moins départementales puisqu'il ne s'agit que de pacifier 3 départements, 3 carrés de la carte. Bref ! Rien que des opérations du « maintien de l'ordre ». Il est encore trop tôt pour savoir qu'il est trop tard.
De la Première Demi-Brigade Coloniale de Commandos Parachutistes en formation à Mont-de-Marsan et à la Base Ecole des Troupes Aéroportées (B.E.T.A.P.) de Pau, on a tiré ­ sous l'égide du général Cherrière ­ 2 bataillons « Blizzards » : le « 5 » et le « 8 ». Rien que des engagés de 18 ans ! Je serai du 8ème B.P.C. (Bataillon de Parachutistes Coloniaux) avant d'être du 2ème R.P.C. (Régiment de Parachutistes Coloniaux) dans le cadre de la 10èmè D.P. (Division Parachutiste).
Bataillon Blizzard ?.. Vous avez dit Blizzard.. ? Comme c'est bizarre.. !
Qu'en eut pensé Jouvet ?
Blizzard : « vent glacial accompagné de tempêtes de neige », précisent les dictionnaires.
Vent ? « le vent souffle où il veut (nous « souffle » saint Jean). Et tu entends sa voix. Mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va. »
Les assassins arabes que nous partons traquer vont l'entendre souffler, ce vent. Et nous allons les essouffler.
A Mont-de-Marsan, nous avions été prévenus : « ce n'est pas sur des lits de plumes que l'on forme des parachutistes ». Sur le Chélia (2328m), point culminant des Aurès, ce ne sont même pas des lits Picot qui nous attendent mais des lits de cailloux, dans la neige africaine. Nuance. La nature a de ces plaisanteries.
Nous ne connaîtrons jamais la vie de caserne. Pas de « Soldat ! Lève-toi ! » Droit devant ! Au diable ! revues de détails ou du 14 juillet ! Fissa ! Fissa ! [1]. Nous n'avons même pas eu le temps d'être brevetés El Hamdoulah ! El Hamdoulilah ! [2]  Et foin ! foin et foin ! du confort !.. Le confort ce n'est pas ce qui arrange un homme. Si l'on est là pour mener la vie dure aux Fells, on va se la mener dure aussi. Tant et si bien même, que parmi nous quelques jeunes âmes robustes, hantées par l'impétueux besoin de vivre dangereusement, y rencontreront la mort, arme à la main, entre Batna et Biskra.
Batna ­ Tébessa ­ Biskra, Aurès et Némentchas. C'est notre triangle des Bermudes. Nous allons le parcourir sans cesse, coureurs de fond et de pistes, elles aussi, sans fin.
De douar en mechta, de chott en djebel, de thalweg en ligne de crête, d'Oued en canyon, nos "longues marches" ne vont rien avoir à envier à celle de l'odieux et niais despote chinois qui en aura ­ justement ­ fait tant « marcher » au quartier latin.
Les premiers bérets amarantes dans les Aurès, ce n'était pas un roman noir. Rien à voir, toutefois, avec la Bibliothèque rose !.. Ce n'était pas non plus une pastorale. Mais tous, nous adorions les défis. « Je fais un effort sur moi-même, donc, je vis », conclut Maine de Biran. Nous nous efforcions. Nous vivions.
Timgad, T'Kout, Lambèse, Arris, Biskra, Barika, Batna, Khenchela, Tifelfel, Tébessa, Khanga Sidi Nadji, M'Chounèche, El Kantara (Les Portes de désert), le Douar Ichmoul.., (j'abrège), c'est surtout dans les Aurès, refuge ancestral des Chaouïa envahis dès l'An 700, eux, par les sectataires de « Muhammad », le Chamelier, que nous allons amonceler des m3 de souvenirs, rouges saignants.
En 1954, il n'y a, d'abord, là, que quelque 300 boukhalas. Poignées de dangereux gredins. Rezzous de tueurs toujours en marche, très occupés à terroriser autochtones et « Blancs » isolés. A leur tête, Krim Belkacen et Ben Boulaïd, 2 vipères sorties du même uf Les Ben Laden du pauvre ! Nos ennemis publics n°1 et 2. Larbi Ben Mhidi, Yacef Saadi, plus tard, les supplanteront (Bataille d'Alger 57) avant que nous les fassions, enfin, passer devant le tribunal d'Osiris sinon d'Allah. Pointons encore, ici, Ali La Pointe (notre tueur n°3) qui ne l'emportera pas non plus au paradis (d'Allah).
Ces 300 fusils sont un chouia surpris de nous voir faire si brutalement irruption dans les paysages lunaires qu'ils imaginaient inaccessibles sanctuaires Lunaires bien que le plus souvent sans lune. Terres désolantes et désolées où il faut avoir l'il partout.
Déstabilisation. Caches et cache-cache. Poursuites et « droit de poursuite » jusqu'en Tunisie.
« Faire la guerre » c'est d'abord marcher, ce qu'aucun « pékin » ne comprend. Marcher encore et toujours, « aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain », aurait dit Rosemonde Gérard. « Oualou »[3] quant aux  « Sikorsky » qui nous auraient portés sur les crêtes ! Les sommets, il faut y aller soi-même. Escalades des pieds et des mains. « Crapahut » infernal. On a beau, à l'aube, se sentir des ailes aux talons, les « pataugas », au crépuscule, sont lourds comme des fers à repasser. Peu agréable. Soleils de plomb fondu. Mais pluies, aussi. Nouvelle vague de « soldats de la boue », Roger Delpey !
Pan ! Pan ! L'Arbi ! Les chacals sont par ici Chantaient les Chasseurs à pied d'antan. Nous aussi, nous étions « chasseurs » et bien plus « à pied » qu'aéroportés. Mais nos chacals se dérobaient devant nous (et devant la Légion), préférant, la nuit, couper nez, lèvres, oreilles et plus à leurs coreligionnaires tétanisés. Moins risqué ! Le GIA faisait ses gammes.
Dans cette optique, l'accrochage devenait une récompense. Quand on a longtemps bivouaqué dans la neige, quand, exténué, on a traversé, des jours et des nuits d'affilée, tant et tant de paysages d'une mélancolie presque insoutenable, quand on n'a en, tant de matins (blêmes), pour tout viatique qu'un quart de « kaoua » glacé ­ Sauternes du para, leur tomber, enfin, dessus à ces foutus salauds de « boukaks », c'est un grand moment. « Niqués ! (pardon si c'est vulgaire !) les « choufs ! » [4], pseudo-bergers, guetteurs sournois qui, de crête en crête, observent en silence nos progressions ! La victoire, disent les Japonais, appartient à celui qui sait souffrir un quart d'heure de plus que l'autre. Banzaï !.. Banzaï !.. Accrochage ! Nous avons « su ». Elle va être à nous, cette fois, la victoire ! Sans cesse, sollicités par des impressions nouvelles, à la première rafale, on exulte Impression de n'avoir pas souffert pour rien.
Autre grand moment : la poésie intense (et périlleuse, soit ! mais poésie tout de même) des grandes patrouilles de nuit ­ spéciales « nyctalopes » - dans les gorges profondes de Roufhi du tournoyant Oued El Abiod. Inoubliables marches silencieuses (attention ! les galets roulent !) sous un clair de lune chaud comme un soleil qu'escortent des milliards d'étoiles. Et nos campements reposoirs dans les oasis ? Khanga Sidi Nadji.. ! Comme d'autres, en d'autres temps, en milieu hostile, disposaient leurs chariots en cercle, on plante nos tentes en carré fermé. Le sable est d'or. Pur. Le ciel est bleu. Roi. La montagne (le djebel) est rose Puis, rouge (vif) quand, brusquement, le soir tombe. Décor. Beauté inouïe. Comment, âmes casquées et sensibles (mais non sans cible !), être indifférent à ce qui nous est donné là, même si ce n'est pas pour rien ?
1954 Rien ne force les souvenirs comme les odeurs et les flammes. Aujourd'hui encore, le bois qu'on brûle me projette dans les grands bivouacs lunaires du passé « para »
D'un passé dépassé compte tenu de tout ce qui s'est, ensuite passé ? « On reconnaîtra que l'intégration, la faculté donnée à 10 millions d'Arabes de s'installer en France comme chez eux, c'était la fin de la France », énonce [5], pour finir (c'est bien le mot !), un chef de gouvernement de cette même France, qui affirme avoir « une certaine idée » d'elle sinon une idée certaine.
Qui veut la fin, veut les moyens ?
Aurions-nous, floués, « marché » pour rien ?
La coruscante aventure du 8ème BPC ne laissera-t-elle pas plus de traces dans les mémoires françaises que la fumée d'une cigarette (américaine) ?..
Peut-être. Mais que nous importe ! diraient d'aucuns. Au moins, sommes-nous allés, nous, tout droit. A Paris (et ailleurs), à la même époque et encore aujourd'hui, d'autres « jeunes » pensaient et ne pensent qu'aux femmes, qu'au tabac, qu'à l'alcool, qu'à l'argent et à, surtout, ne jamais avoir froid, ni faim, ni soif Nous avions, nous, choisi l'épreuve ­ l'amélioration de l'expérience de l'épreuve, qui est toujours insuffisante. Ne parlons pas de notre courage. Ce serait une bassesse. Mais si le courage vit et meurt, lui aussi, et demande à être entretenu comme les fusils, au moins tentions-nous de ne pas nous laisser aller, quoi qu'il arrivât Et bien des choses sont arrivées.
Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort.. .
Du premier au dernier, nous étions nietzschéens sans le savoir.., tout comme le bon monsieur Jourdain.

Le 24.02.04

[1] Vite ! Vite !
[2] Béni soit le ciel (de Mahomet).
[3] Que dalle ! Macache !
[4] Qui ent prédit que ces mêmes choufs seraient, en 2004, encore en fonction dans les banlieues dites « sensibles » de France, chargés d'avertir « dealers » et autres malfaiteurs au teint noir ou « basané » (comme on disait, alors) de la verrue de la police (française) ?
[5] In « C'était de Gaulle » d'Alain Peyrefitte (p.188)



Le 2° R. P. C . en Algérie

Roland VERNAZ, l'auteur de ces photos dans les Aurès


Information

Carte d'anciens combattant.
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Les dates butoirs du 02.03.1956 et du 20.03.1956 pour la Tunisie sont supprimées à dater du 01.07.2004.
A cette date, la carte sera accordée jusqu'au 02.07.1962 après 4 mois de séjour seulement sur l'un ou l'autre des 3 territoires d'AFN et à cette seule condition.
Si vous entrez dans le cadre de ces nouvelles dispositions, vous pouvez vous adresser à votre amicale d'anciens combattants qui devrait être en mesure de vous fournir et vous aider à établir les documents nécessaires à son obtention.


Un site à visiter absolument:

2eme R E P

 http://www.2eme-regiment-etranger-de-parachutistes.com

C'est un site remarquablement bien fait par les "amis du 2eme REP" (Anciens du 2eme REP)

Amis paras et autres anciens, allez donc jeter un coup d'oeil sur ce site, vous y reviendrez !

Vous trouverez dans ce site :
- un "Hommage spécial au Codt Hélie Denoix de St Marc" + video (2e BEP/1er REP) autorisation personnelle et unique du Codt (à Decrée JP)
- Biographie du Colonel Erulin, écrite par Mme Vve Erulin et ses 3 enfants, exlusivement pour le site
- Page sur Dien-Bien-Phu + video
- Indo, Algérie et les Ops Extérieures etc
- Plus de 1000 photos inédites ( <image.tiff> pas libre de droit, vu quelles appartienent à d'Anciens d'Indo Algérie etc) mais membre de notre forum privé.



Un autre site de la Légion-Parachutiste à ne pas manquer :

A voir et à revoir :

http://www.legion-etrangere-parachutiste.com/


Dien Bien Phu
Le site de Maximilien STEMP
Si vous ne connaissez pas ce remarquable site ,
Vous devez impérativement le visiter.

 

<http://www.dienbienphu.org>

 

et . . .


Votre bibliothèque .

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Méditation . . .

Un précepte pour donner à réfléchir : :

L'ARGENT
______

>> Il peut acheter une maison

>> Mais pas un foyer

>> Il peut acheter un lit

>> Mais pas le sommeil

>> Il peut acheter une horloge

>> Mais pas le temps

>> Il peut acheter un livre

>> Mais pas la connaissance

>> Il peut acheter une position

>> Mais pas le respect

>> Il peut payer le médecin

>> Mais pas la santé.

>> Il peut acheter du sang

>> Mais pas la vie

>> Il peut acheter du sexe

>> Mais pas de l'amour

 

précepte chinois


 
 
 
 
 
L' humilité est l'antichambre de toutes les perfections.
 
 
Aymé Marcel

 
 
 

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