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Parachutiste - Indochine (1947-1949)

 

Me voici donc chez les paras basés à Tarbes au quartier Soult dans une caserne en mauvais état, mal nourrit, mais avec des chefs énergiques qui se démènent pour améliorer la situation. L’encadrement est composé d’anciens des commandos Ponchardier et du CLI. ( Corps léger d’interventions basés en Inde ) Tous ont de la personnalité et une expérience de l’Indochine. Ils n’hésitent pas à engager des trocs avec les paysans du coin pour améliorer l’ordinaire du bataillon. Méthodes peu orthodoxe, et loin de celles de l’armée de papa, mais efficaces et, comme les effectifs pour l’Indo ne courent pas les rues, les grands chefs préfèrent regarder ailleurs.
Les nouveaux paras très encadrés et défendus au besoin, subissent une discipline de fer et un entraînement forcené. Le Commandement veut en faire des hommes hors du commun. Le grand patron, c’est le Commandant DUPUIS. Son adjoint le capitaine TRINQUIER. Deux anciens des commandos Ponchardier. Une grande amitié semble exister entre eux.
Le Bataillon est maintenant complet, et c’est 705 paras nouvellement coiffés du béret rouge qui embarquent à Marseille sur le “ Pasteur “ en ce mois d’octobre 1947.
Pour nous tous, c’est l’inconnu qui commence.
Débarquement rapide à Saïgon après transbordement au Cap St Jacques sur “La Charente”, LCM pouvant remonter la rivière de Saigon. A peine débarqués nous percevons notre armement, munitions et vivres pour deux jours sous forme de rations.
Notre base arrière est LAITHIEU, petite ville au nord de Saigon, en pleine zone rebelle appelée “le quadrilatère “tenu par le 301° régiment d’élite Viet-Minh.
Le sifflement des balles, l’explosion des grenades nous mirent rapidement dans l’ambiance de la guerre avec ses jours de fatigue, ses jours de gloire et ses jours de deuil.
Si raconter notre vie en Indochine n’est pas d’actualité dans ce récit. il faut quand-même préciser quelques faits.
Le 5 ° BPIC devient alors le 2° Bataillon Colonial de Commandos Parachutistes S A S ( 2° BCCP-SAS).
Ainsi nous eûmes l’honneur d’être le premier bataillon de parachutistes français en unité constituée, la première unité de bérets rouges. Cette auréole nous fera engager dans de très nombreuses actions de la Cochinchine à l’Annam , du Laos au Cambodge .
A cette époque, il n’y avait pas d’hélicoptère. Les opérations étaient aéroportées à partir de Junker 52 et de Dakota,( nos préférés ). Engagés par stick, commandos ou bataillon suivant l’importance de l’opération. Très bas, pour surprendre l’adversaire, les largages s’exécutaient entre 180 et 200 mètres d’altitude pour les premiers sortant de l’avion, qui ayant réduit ses moteurs, prenait une pente de descente ce qui faisait sortir les derniers sautant à environ 150 mètres du sol.
Le 2° BCCP fût l’unité à inscrire le palmarès du plus grands nombre de sauts de guerre à son actif : 34 sauts de guerre dont 30 homologués.
Les parachutes utilisés à cette époque étaient des T5 et T6, réformés de l’armée américaine. Ces parachutes étaient à ouverture dite voile d’abord, ce qui laisse deviner aux initiés la violence du choc d’ouverture.
Nous sautions bien sûr avec tout notre armement individuel , collectif et munitions.
Les sacs spéciaux autres que les “leg-bag” n’existaient pas encore. Les armes étaient glissées en travers sous les harnais, pour pouvoir être dégagées plus vite au sol.
Dans les grandes opérations du bataillon au complet, le plus dangereux pour les premiers arrivés au sol, était la pluie d’ustensiles divers qui tombaient du ciel.
Il y avait de tout, depuis des bidons jusqu’à des armes, des leg-bags et toutes sortes d’objets hétéroclites éjectés des poches.
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Mais aussi hélas, quelques fois c’était un copain dont le parachute ne s’était pas ouvert parce qu’il avait eu la malchance de percevoir un parachute à problème ou saboté.



Les Pachas
Le Cap. Trinquier Le Cdt. Dupuis

Le Commandant DUPUIS fut tué dans une embuscade à Laithieu le 9 septembre 1948
Le Capitaine Trinquier pris le commandement du bataillon et fut nommé commandant le 1er octobre 1948.
En ce qui me concerne, Je suis au Commando du Lt SICHE, du GC 3 ( Groupe de commandos. ) commandé par le Lt DOEBBELS,
Mais je suis souvent détaché auprès du commandant TRINQUIER comme chauffeur, garde du corps. Nous avons souvent de longues conversations, le commandant me faisant raconter mes histoires de résistance qui semblaient beaucoup l’intéresser. << C’est à peine croyable, tu étais tellement jeune ! >>
Plus tard, revenus à la vie civile, nous devions devenir de bons amis et nous recevoir souvent. C’est à ce moment qu’il me dit avoir été très intéressé par ces histoires qui lui auraient données certaines inspirations lorsqu’il écrivit “ La guerre moderne “



Le Fanion du 2° BCCP.
La main en travers du poignard, était l’emblème des “Ponchardier “
A gauche, chaque étoile représente un saut d’opération de guerre.
 

 


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