Comme
javais pris un engagement pour trois ans, il me restait
encore quelques mois à faire avant dêtre libéré.
Ma permission de fin de campagne terminée, je rejoins
Vannes où je retrouve quelques copains et me présente
au commandant FOURCADE de la 1/2 Brigade en garnison à
Vannes et Meucon .
Il commence par me demander si je veux rester dans larmée,
auquel cas je pourrais faire un stage pour devenir moniteur.
Comme ma réponse est négative il me dit après
avoir consulté mon dossier :
Tu as été chauffeur et garde du corps de
TRINQUIER. Jai vu quil tappréciait,
alors tu seras mon chauffeur et je taffecte au service
auto .
A la fin de ma carrière militaire , jeu
la chance de participer au premier saut de meeting de parachutistes
sur lAérodrome dOrly au cours dune fête
aérienne.
Largage à partir dune escadrille de . . . Junker
52, comme à la belle époque, mais dune altitude
plus confortable ( 400 mètres )
Ce fût mon dernier saut militaire.
Revenu à la vie civile, après quelques semaines
de vacances racourcies par mon porte feuille lui aussi racourci,
je commence à regarder autour de moi et me mets à
la recherche dun emploi.
Javais vécu beaucoup daventures, déjà
vu pas mal de pays, mais je suis soudainement conscient que je
nai pas de métier.
Jaurais sans doute mieux fait de rester dans larmée,
mais ma décision ayant été prise pour une
autre voie, cela ne servait à rien de regarder derrière.Il
fallait parer au plus urgent.
Jétait attiré par lAfrique. Pourquoi
? je nen sais rien. Sans doute que mon jeune âge
ne mavait pas encore émancipé du rêve
des palmiers, des animaux sauvages et du soleil .
LIndochine aussi mattirait et jessayais de
renouer quelques relations civiles que je métais
faites au Cambodge hélas sans grands espoir.
En attendant, je métais fait embaucher chez Renault
comme manoeuvre spécialisé. Pas de sot métier
me disais-je. Il faut vivre et cela ne mempêche pas
de chercher ailleurs.
Aujourdhui avec le recule je pense quen ce temps
là, papa-maman étaient présents pour les
conseils, mais à vingt ans il ne fallait pas compter sur
eux pour vivre, il fallait travailler. Cétait une
autre époquequi nétait pas de facilité.
A telle preuve quavant dentrer chez Renault, jallais
aux halles de Paris me faire embaucher comme manutentionnaire
et même après, tout en travaillaint le jour à
lusine, il ne métait pas rare daller
plusieurs nuits dans la semaine travailler aux Halles afin de
compléter un salaire que je trouvais trop petit. Jétais
encore loin de la fonction de Directeur Général.
Je ne tardais pas à me trouver une petite chambre de mansarde,
car ma mère qui était veuve habitait la banlieue
parisienne et loger chez elle nétait pas lidéal
pour aller travailler.
Puis il me restait plus de temps pour pacourir les petites annonces
et écrire des demandes de situations. Jen envoyais
des centaines de demandes, toutes avec réponses négatives
ou sans réponse. . . jusquau jour où la plus
belle arrive me convoquant pour un entretien aux bureaux parisiens
de lOFFICE DU NIGER. . . Je ne savais pas encore que laventure
africaine venait de commencer.