Dans
ce temps là, celui des premières années
de lUNP, il était préférable de passer
le plus possible inaperçu et se faire petit plutôt
que de garnir sa carte de visite.
LUNP et DLP étaient épluchés
par des services de police parallèles du pouvoir
dépoque. Les dirigeants de lUNP étaient
continuellement surveillés par les renseignements généraux,
Mais souvent aussi par de jeunes anciens paras engagés
politiquement ou professionnellement. Ils étaient assidus
du siège rue St.Joseph, et nous les appelions les sous-marins.
Nous savions qui ils étaient et pour qui ils travaillaient.
Ceci amena quelques fois des aventures cocasses. Une des plus
belles fut celle dun jeune commissaire de police M . .
. (décédé) qui me dit un jour quil
était obligé de faire des rapports sur nos activités
et quil avait mauvaise conscience. Le Général
président aussitôt informé, le remercia et
lui conseilla de continuer à faire son travail à
la seule différence quà partir de ce moment,
cétait nous qui lui donnions les éléments
pour faire ses rapports quil remettait à son patron
un certain commissaire Cailles bien connu. Cétait
bien pratique parce quainsi nous pouvions aussi faire savoir
par la bande ce que nous voulions qui se sache.
La société pour laquelle je travaillais fut adjudicataire
de létanchéité des installations atomiques
du Pacifique.
Une enquête de sécurité eu bien sûr
lieu, et compte tenu de ma position tant dans la société
que dans les milieux paras, je fut déclaré persona
non-grata et perdis ma situation.
Par la suite, une de nos sources dinformation me fit dire
quil serait souhaitable que je méloigne de
France pendant quelques temps.
Je partis tout dabord à Madagascar, désigné
pour une mission qui devait durer sept mois .
Cette mission terminée, je repartis engagé dans
une importante compagnie installée dans toute lAfrique
francophone et anglophone pour un poste bien modeste de début,
car il fallait démarrer au bas de léchelle
et faire ses preuves.
Je repartis donc me mettre au vert, engagé
comme Technico-commercial.
Une nouvelle vie commençait.
Seize ans après lorsque je prenais ma retraite, jétait
directeur général au Bénin pour toutes les
activités de la société dans le pays, et
administrateur de plusieurs usines et autres activités
.
Pendant tous mes séjours, je suis toujours resté
en contact avec le général Gracieux et le Colonel
Trinquier.
Je ne me suis plus occupé daffaires paras quà
la fin de mes périodes africaines, sur la demande du Colonel
Romain des Fossés, pour créer une section UNP à
Abidjan à la tête de laquelle jai fait élire
un peu malgré lui le commandant Raymond MUELLE
que je voyais souvent à Abidjan.
Toutefois, étant restés en relation avec des anciennes
personnalités, jai vécus des aventures liées
à la politique africaine française qui mont
quelques fois fait croiser le chemin danciens paras de
lUNP réservés et discrets et que je retrouve
toujours avec le plus grand plaisir. Cela sera peut-être
un jour lobjet dun autre témoignage, mais
qui sort du sujet UNP.