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5e DB-US - CIA / G2

 

La zone affectée à notre maquis étant libérée, certains rentrèrent chez eux, tandis que d’autres. s’engagèrent dans les armées de libération.
Claude Cochet et moi-même réussîmes à nous faire prendre en charge par la 5° Division blindée américaine. Ainsi commença notre montée vers Paris, agrémentée par les combats. Nous fûmes affectés séparément, chacun à l’équipage d’un ” tank destroyer “. De la sueur, des peurs et surtout de la poussière, mais aussi de la fierté lorsque dans les villages que nous traversions, les villageois qui essayaient de nous parler en anglais nous acclamaient en hurlant : Des français. ... des français ! . .
Nous avions été interrogés par les services américains qui savaient donc qu’en ce qui me concernait, je connaissais bien la région Sud-ouest de Paris.
La 2° DB française devait foncer sur Paris qui parait-il était en insurrection, mais pour l’instant, tout le monde était arrêté devant Rambouillet par des positions allemandes aux défenses très efficaces.
Les renseignements manquaient.
Nos chars de l’avant étaient particulièrement vulnérables à de petits engins montés sur chenilles et téléguidés. Ils venaient les percuter et les immobilisaient en explosant.
Cochet et moi-même reçurent l’ordre d’éclairer la colonne.
Nous fûmes habillés dans les magasins du Secours National avec de vieux vêtements, et notamment pour moi . . . une vieille culotte de golfe. Décidément, c’est un abonnement disais-je en riant à l’officier américain, qui répondait ok-ok sans chercher à comprendre. L’habillement fût complété à ma demande par de vieilles valises en carton, remplies de pommes de terre et ficelées sur les portes bagages de vélos brimbalants ainsi qu’une bouteille de “goutte” ( Calvados de ferme cadeau de la veille d’un paysan et déjà bien entamée) Ca faisait bien, et ça pouvait toujours servir.
Nous voici donc partis par les chemins de campagnes le long des champs. Après avoir passé sans problèmes sur les bords d’un village en flammes, nous marchions d’un bon pas vers une autre petite bourgade, mais pas rassurés du tout en passant à côté de plusieurs canons antichars très bien camouflés à l’entrée d’un hameau. Nous devinons des soldats, sans les voir, tout près dans des trous. Nous sommes finalement interceptés par des “feldgendarmes” qui surgissent d’une ruelle du hameau que nous atteignons et nous braquent de leurs armes.
<< Halt papers! . . . refrain connu sous l’occupation . . Américains là- bas ?? >>
Nous, l’air le plus ahuris possible en ouvrant nos valises qui laissent tomber quelques patates : << ravitaillement . . .>>
<<....Ah Ah marché noir. . . vous papers. . . insistent-ils >> et miracle, après avoir présenté mon ausweis Allemand de Villacoublay, ils nous laissent passer en nous recommandant de vite rentrer chez nous, << beaucoup dangerous, la guerre gross malheur!. . >>
Au revoir Messieurs, on se dépêche. . .
Nous allons ainsi jusqu’à Rambouillet remplissant au mieux notre mission, et rendons compte par téléphone via la gendarmerie de Rambouillet au G2 américain installé dans un Château connu de la région. Aussi bête que cela puisse paraître, le téléphone fonctionnait toujours.
Par contre, pas question de repasser coté Américain, “ c’est trop chaud ”
Nous restons donc à Rambouillet, en liaison via la gendarmerie.
Nous reçûmes alors la vague mission d’aller reconnaître les positions de défenses de la gare de Rambouillet où nous fîmes une vrai moisson de mines de différents modèles, bien camouflées ainsi que des charges d’explosifs dans des wagons renfermant des bombes énormes que nous ne connaissions pas et signalons comme étant des torpilles.
Nous coupons les cordons des charges et enlevons les détonateurs des mines que nous trouvons, après nous être assurés qu’elles n’étaient pas piégées, sans doute par manque de temps.
Les Allemands s’étaient retirés précipitamment .
Par la suite, les Américains nous informèrent qu’ils étaient au courant de la présence de ces munitions qui étaient des V1, et qu’ils n’avaient pas bombardé ce site pour pouvoir les récupérer intacts.

A l’arrivée des alliés à Rambouillet, nous sommes logés avec les “Wars correspondants américains ainsi que ceux de la BBC avec qui nous sympathisons. Principalement avec Claire Descartes, Jean Oberlé et entre autres, Pierre Lefèvre avec qui nous resterons en relations amicales par la suite. jusqu’à notre retour d’Indochine.
C’est ensuite la ruée irrésistible sur Paris dans les fourgons des “Leclerc” avec une profonde émotion.
Sales, puant la sueur, mais embrassés, fêtés, acclamés, par une foule en délire.
Moment inoubliable qui restera à jamais gravé dans nos mémoires.

 

 


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