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  Gazette des Anciens     Novembre - Décembre 2004

Cette Gazette est ouverte à tous les Anciens dans le cadre du site


« OPERATION - DC 04 »
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Saut des parachutistes Français au KOSOVO
le 06 OCTOBRE 2004

Par Philippe GNÄDIG
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Vers mars 2004 des premiers bruits couraient qu'une mission au KOSOVO était en préparation pour le 8e Régiment de Parachutiste d'Infanterie de Marine. Une force multinationale était déjà présente là-bas sur place mais les derniers évènements sanglants en début d'année 2004 entre serbes et Albanais du KOSOVO ne laissaient rien présager de bon pour les élections qui auraient lieu en octobre. C'était l'occasion pour l'OTAN et l'ONU de renforcer le dispositif de sécurité afin de parer à toute éventualité entre les belligérants des deux factions lors des élections.
Des spéculations allaient « bon train » sur les éventuelles compagnies du 8e R.P.I.Ma . qui allaient y participer et c'est sur cette éventualité que fut annoncée courant juin la mise en place d'une Opération Aéroportée (O.A.P.). Cette mise en place fut le désir de tous les parachutistes jusqu'au plus haut niveau. La joie était grande pour les Parachutistes de la 3e Cie et surtout celle de la Compagnie d'Eclairage et d'Appui lorsqu'ils furent désignés pour cette mission «hors du commun ». Cette O.A.P. attendue depuis si longtemps par tant de Parachutistes Français est la première en son genre du millénaire, c'est la chance qu'attendaient depuis des «lustres » tous les parachutistes qui n'ont pas eu cette occasion de l'exécuter lors de leurs services plus ou moins longs.
Après avoir défilé le 14 juillet sur la plus belle avenue du Monde, la Compagnie d'Eclairage et d'Appui commençait tout doucement à se mettre en place. Une permission bien méritée de quatre semaines en août nous était octroyée. Permission écourtée à la dernière semaine pour cause de départ anticipé ; des véhicules blindés, de matériels divers et des sacs d'allégements impossibles à emporter avec nous « si le saut avait lieu » ! . Un détachement léger de Gendarmerie Mobile nous donna l'occasion de venir nous former en une semaine aux rudiments du maintien de l'ordre que nous avons pu mettre en application par la suite lors d'une manuvre du bataillon aux camps de Caylus. Manuvre qui prit le nom « Determined Commitment 04 » D.C. 04 (nom de la mission au Kosovo). Une répétition générale de saut avait eu lieu la semaine précédente l'O.A.P. avec trois Transall qui firent deux rotations, Castres / zone de saut de Gers à Azet près de Tarbes, afin de fixer les dernières modalités de la préparation de la mission D.C. 04 et de servir de saut pour la Saint-Michel en cas d'une éventuelle météo défavorable. Sur le retour de Tarbes /Castres nous fîmes travailler un « poste d'assaut ».
Vendredi 01 octobre, ce fût une très belle Saint-Michel en commémorant, en compagnie des anciens, les parachutistes et soldats qui ont sauté en 1954 sur DIEN BIEN PHU tout en espérant que notre Saint protecteur exerce une pression Mme Alliot-Marie, Ministre de la Défense, afin d'obtenir les 7 avions prévus pour la semaine suivante et que nous ayons une météo clémente.
Lundi 04 octobre « branle-bas de combat » , ça y est !, l'OTAN nous ouvre un créneau de 2 jours pour les 06 et 07 octobre. Nous aurons les avions s'ils ne sont pas en pannes d'ici là, reste plus que cette chère météo.
A l'aube du mardi 05 octobre le bataillon part en bus en direction de Miramas afin d'être prêt positionné pour un décollage d'Istres le 06 octobre.
Pour passer une et très courte dernière nuit une installation des plus succincte sous les hangars « guépard » fut montée où tous les moustiques du coin se donnèrent rendez-vous et se firent un plaisir de nous bouffer. Nous passâmes un rapide après-midi, consacré au «briefing » des 2 zones de sauts

Vers 20h30 derniers ordres de l'adjudant-chef de section. Il nous apprend que le saut n'aura pas lieu à 200 m. mais à 300 m. du fait de turbulence atmosphérique et de la situation géographique très vallonnée du site. Réveil fixé à 02h00 du matin.
Une heure plus tard perception des munitions et comme tout le monde avait prévu de dormir habillé nous finissons de boucler les gaines dont le volume et le poids nous indiquent que cette fois-ci c'est pour de bon !. Tout est dedans, optique (lunette d'arme), transmission, optronique (intensificateur de lumière), ration et de quoi « vivre 48h00 ».
Mercredi 06 octobre 02h00, nous embarquons dans les bus en direction de la B.A. 125. En arrivant nous percevons les pépins sur le tarmac dans un décor presque irréel où sont alignés impeccablement les 7 Transall.
Après une dernière vérification des gaines par les chefs de câble, se précède le mot du chef de corps qui se termine par « VOLONTAIRE » ,par « AU NOM DE DIEU.
VIVE LA COLONIALE » et par l'indémodable « PAR SAINT MICHELVIVE LES PARAS ! » les 3 devises propre au « GRAND 8 » avant de nous dire « EQUIPEZ-VOUS »
Nous-nous équipons avec le Famas en assujetti (fixé sur le coté sous le bras) seul les FM, lance-roquettes et TE ont leurs armes en gaines. Les gaines seront fixées plus tard dans l'avion afin d'avoir un maximum de confort durant les 4 heures de vol. Tout le monde ou presque est serein, le ronronnement des moteurs et la fatigue accumulée nous fait vite sombrer dans un sommeil réparateur. 1h30 avant le saut les largueurs du R.T.P. nous réveillent pour que l'on puisse fixer nos gaines tout en nous vérifiant. On se rassoit tant bien que mal avec notre « bardas » et 30' avant le saut les largeurs nous font signe et crient « DEBOUT, RELEVEZ LES SIEGES, ACCROCHEZ ! » (grâce à une parfaite gestion du temps et à leur professionnalisme, les largeurs nous ont écourté l'attente assise avec les gaines et l'attente pénible debout avec les gaines).
La phase de vol tactique est moins pénible que l'on pensait, les portes s'ouvrent, le premier passe en position, le vert remplace le rouge en même que la sonnerie retentie et le largage en charrette commence.
Je suis avant dernier au câble C à sortir du 4ème avion (avion tactique) . JE SAUTE. Mon parachute s'ouvre sans problème, sous moi des camarades sont déjà au sol d'autres son encore en l 'air. Je relève la tête et je vois « CHARLIE 5 » qui déverse sa cargaison humaine suivi du « 6 » et du « 7 ». Maintenant je me repère sur la zone c'est vrai qu'elle est assez « vallonnée ».
Roulé-boulé, je me déséquipe rapidement et je mets mon arme « prêt » à m'en servir au cas où Je sors ma radio et je m'assure que mon binôme est OK ensuite je brasse vite mon pépin qui va de suite dans sa housse. Chargé comme des mules nous rejoignons tous les deux notre point de regroupement au sol. Une fois la section regroupée et au complet nous nous redéployons sur quelques centaines de mètres afin de tomber en surveillance face au Nord-Est. Par la suite nous rejoignons, sous un soleil de plomb, le camp Français de Novo-Selo situé à environ 2km. pour y récupérer nos véhicules qui nous attendaient là-bas afin de rejoindre notre cantonnement à environ 25 km de MTROVICA.
LA MISSION « D.C.4 » COMMENCAIT

Merci Saint Michel !

Témoignage de « phil the hit » recueilli par D. PRUVOT

SUPPLEMENT AU BULLETIN N°1 « ETRE ET DURER » de l'Amicale Parachutiste et section U.N.P. de Dunkerque



Devoir de mémoire

 

Hommage franco-britannique aux SAS en présence de la princesse Anne

SENNECEY-LE-GRAND (AFP) - La princesse Anne d'Angleterre et la ministre de la Défense français Michèle Alliot-Marie ont présidé, samedi à Sennecey-le-Grand, une cérémonie d'hommage aux combattants du Special Air Service (SAS), à l'occasion du 60e anniversaire de la libération de cette localité de Saône-et-Loire.
La cérémonie, en présence de quelque 400 anciens parachutistes britanniques, français et belges, s'est tenue au Mémorial international dédié aux 529 membres du SAS - 301 Britanniques, 205 Français et 23 Belges - tombés pour la liberté au cours de la Seconde guerre mondiale.
Ce mémorial a été érigé en 1984 à Sennecey-le-Grand où le 4 septembre 1944 quatre jeeps blindées du 3e régiment parachutiste du SAS s'étaient infiltrées dans la ville et avaient infligé de très lourdes pertes à un important convoi allemand en stationnement.
Les 16 parachutistes français du commando, dirigé par le capitaine de Combaud-Roquebrune et arrivé en Bourgogne de Normandie, après avoir traversé avec leurs jeeps toute la France occupée, ont tous trouvé la mort dans ce raid surprise ayant précédé de quelques heures la libération de Sennecey-le-Grand.
Michèle Alliot-Marie a salué, lors de son allocution, "la générosité et l'abnégation" de l'ensemble des parachutistes du SAS qui "ont combattu pour rendre à la France sa souveraineté, sa fierté, sa grandeur".
"Plus que jamais, ils sont un symbole et un guide pour les générations futures", a ajouté Mme Alliot-Marie en soulignant la nécessité "de protéger et de transmettre ces valeurs".
La princesse Anne, fille de la reine Elizabeth II, a rendu hommage "au courage et au sacrifice" des combattants du SAS et souhaité que les générations futures "n'oublient jamais" leur exemple.
Avant la cérémonie, le ministre délégué aux Anciens combattants Hamlaoui Mékachera avait présidé, avec la princesse Anne, un déjeuner à la salle des fêtes de Sennecey-le-Grand auquel ont participé tous les anciens SAS.


Le Sergent Jean-Yves Schoepff

2ème B.C.C.P et G.C.M.A.

Jean-Yves Schoepff en Alsace en 1990

Dans la gazette d'octobre-Novembre 2004, j'annonçais le décès d'un vétéran du 2ème BCCP et GCMA, le sergent Jean-Yves Shoepff.
Plusieurs " Nouveaux Anciens " m'ont demandé qui était ce grand ancien dont ils avaient entendu parler mais ne connaissaient pas, et pour cause ! . . .
Schoepff était un solitaire qui s'était totalement retiré des milieux associatifs comme beaucoup d'autres. Il était en outre très discret sur ses faits d'armes comme le sont généralement les grands combattants.
Je reprends donc ci-après un récit du Colonel Trinquier qui dans son livre <<Les maquis d'Indochine >> aux " éditions spl " consacrait à notre ami Jean-Yves un paragraphe intitulé " L'odyssée du sergent Schoepff ".
Il est intéressant à noter que Jean-Yves était aussi un des plus anciens détenus du camp 113, et de ce fait, accrédité pour en parler.
Le sinistre Boudarel lui avait écrit à la suite du face à face télévisé avec ses accusateurs pour essayer de se justifier. Nous en avons longuement discuté mais Jean-Yves n'avait pas voulu donner suite, se réservant pour apporter son témoignage à un éventuel procès de l'intéressé, car il était convaincu qu'il y aurait un procès. Toutefois, il m'avait remis une copie de cette lettre, en me demandant de ne pas en parler de son vivant. (
copie à la suite du paragraphe suivant )

L'odyssée du sergent Schoepff

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Nos Centaines de Laï Chau, Than Uyen et Nghia Lo deployaient devant l'attaque viet une activité intense. Dès Ie mois de septembre, la Centaine de Nghia Lo, avec le lieutenant Hans, les sergents Schoepff, Muet, Jacques, Janik, les caporaux Cheignon et Blaizon, signalaient le franchissement des premiers élements des divisions vietminh à Yen Bay. Puis ils jalonnerent la progression des éléments avancés.
La Centaine de Than Uyen plaçait des mines sur tous les itinéraires conduisant au Fleuve Rouge. A plusieurs reprises, les maquisards allèrent miner la route de Lao Kay à Chapa et firent sauter de nombreux ponts.
Celle de Laï Chau, gênée par la zone interdite sur la frontière de Chine par Ie commandant de la ZANO, multipliait les reconnaissances par éléments très légers sur un immense territoire.
Dès Ie 15 septembre, il devenait évident que les Viets allaient lancer leur offensive d'automne en direction de Nghia Lo dont ils n'avaient pu s'emparer 1'année précédente. Mais, cette année, ils s'avançaient avec tout leur Corps de Bataille.
Le 7 octobre, j'etais allé à Nghia Lo avec quelques officiers de l'EM des FTNV. Le lieutenant Hans, qui avait parfaitement suivi la progression des divisions viets grace à ses éléments avancés, toujours au contact, demanda l'autorisation de prendre du champ avec tous ses partisans. II souhaitait se trouver dans de bonnes conditions sur les arrières ou sur les flancs des divisions viets lorsque celles-ci passeraient à l'offensive.
Malgré mon insistance, cette autorisation lui fut refusée. Au contraire, le colonel Commandant la ZANO obtint qu'il fût mis à son entière disposition.
C'est ainsi que le 16 octobre, veille de l'attaque de Nghia Lo, et jour ou Bigeard était parachuté à Tu Le, Hans et ses hommes passèrent la journée à placer des mines dans les fils de fer barbelés qui entouraient la piste. Mais, pressentant 1'imminence de l'attaque, Hans refusa de se laisser enfermer dans le poste. La nuit tombée, il tenta de rejoindre ses éléments avancés qui, aux ordres du sergent-chef Schoepff, étaient restés dans la nature. II ne put jamais les rejointdre. Dans la nuit même, Nghia Lo était investi. Ecrasé par une dure préparation au mortier lourd, le poste succomba sous le nombre, au lever du jour.
Pendant plus d'un mois, Hans et particulièrement la Centaine de Schoepff, grâce aux messages qu'ils envoyaient chaque jour, furent 1'unique source de renseignements qui permit au Commandement de jalonner I'avance viet et de connaître les intentions de l'ennemi.
Malheureusement, ces moyens s'avérèrent vite insuffisants.
Quinze jours après la chute de Nghia Lo, nous pûmes faire les premiers parachutages de vivres à Hans. Mais les parachutages ne pouvaient être clandestins. II était impossible de les effectuer de nuit car, dans cette région de montagnes, nous devions voler très bas.
Ce premier parachutage leur permit de tenir encore quinze jours. II fut impossible, néanmoins, d'en effectuer un second. Le temps, comme cela arrive souvent au mois de novembre, était couvert. Chaque après-midi, nous partions avec le Dakota chargé de vivres et de munitions. Nous survolions la région dans laquelle Hans s'était maintenu. Nous prenions contact par radio, sans trouver dans les nuages le trou qui nous aurait permis le parachutage sauveur.
Un des sous-officiers autochtones devait trahir Hans. Comme les Viets connaissaient sa valeur et le danger qu'il constituait pour eux, ils avaient réussi à introduire un traître dans son équipe. Fait prisonnier, il fut tué après avoir été affreusement torturé.
Mais Hans n'avait pas regroupé autour de Nghia Lo tous ses éléments. Depuis six mois, le sergent Schoepff avait recruté en zone Meo un commando d'autochtones dans les environs du poste Bai Nong. II avait installé dans la montagne une petite base. II avait également recruté un commando dans la région de Tsien Tang, tandis que son camarade Janik recrutait un commando Thaï dans la région voisine. Chaque commando disposait d'une trentaine d'hommes encadrés par des chefs locaux.
Schoepff avait parfaitement organisé cet ensemble, avec comme adjoints le sergent Guignard, le caporal Blaizon et un excellent radio, le sergent Muet. Ils avaient fait un bon travail préalable dans la région entre Nghia Lo et Ie Fleuve Rouge. is contrôlaient environ un millier d'habitants.
Dans chaque village qu'ils traversaient, après avoir supprimé les chefs viets locaux, ils avaient crée des comités de libération, avec un président, un vice-président, un secrétaire, des agents dc renseignement et un petit groupe dc protection, constitue en général par trois ou quatre jeunes paysans.
Le lieutenant Hans avait suivi de près cette expérience. Disposant ainsi d'une équipe de sous-officiers remarquablement doués il leur avait laissé le maximum d'initiative, leur fournissant dans la mesure de ses possibilités les moyens qu'ils demandaient. Ils avaient su rapidement acquérir une grande influence sur ces populations et sur les hommes de leurs commandos, hommes frustes et simples, qui avaient une grande admiration pour ces jeunes sous-officiers français ayant accepté de vivre leur vie, d'adopter leur vêtement, leur coiffure.
Ceux qui servaient avec les Méos, par exemple, avaient le crâne entièrement rasé, ne laissant qu'une touffe de cheveux qui pendait entre leurs épaules. Ils en imposaient surtout par leur valeur physique, leur connaissance parfaite de leur métier et leur courage à toute épreuve.
En un mot, c'étaient des chefs au sens où on devrait 1'entendre dans l'armée, qui donnaient I'exemple à leurs hommes par leur valeur morale et intellectuelle et par leurs qualités physiques. Ils étaient devenus par la force des choses de véritables chefs de bandes.
Leurs hommes - si les circonstances les obligèrent parfois à les abandonner - ne les trahirent jamais.
Les Commandos Méos, qui étaient incontestablement les meilleurs guerriers, avaient suivi à Hanoi avec Schoepff un court entraînement para. Rien ne les avait surpris. Ils s'étaient rapidement montrés excellents et ils avaient sauté pieds nus, sans aucun accident, pour rejoindre leur base.
Pendant toute cette période, leur meilleur moyen de propagande était 1'appui qu'ils recevaient régulièrement de l'aviation. Lorsqu'un objectif leur paraissait justiciable de la chasse ou des B-26, il leur suffisait de le signaler à la Centrale d'Hanoi pour que, quelques heures après, la chasse ou les B-26 intervinssent, guidés du sol par les sous-officiers sur l'objectif désigné.
Des éléments avancés Méos avaient traversé le Fleuve Rouge au mois de mai après avoir pris contact avec des Méos de Cho Quang Lo installés dans la région du Nord de Yen Bay. A partir du 15 septembre, ces mêmes éléments signalèrent que les Viets traversaient le Fleuve Rouge à Yen Bay et s'installaient sur la rive droite. Ils pensaient que c'étaient des éléments de la 308, la meilleure et la plus réputée des divisions viets, et dc la 312.
II faut dire que notre meilleure source d'information en Indochine était les écoutes radio. On peut dire que, dans ce domaine, les équipes de descripteurs du SDECE avaient atteint la perfection.
Ces messages viets étaient une source de renseignements précise et, de très loin, la meilleure dont disposait Ie Commandement français en ce qui concernait Ie corps de bataille du Viêt-minh, ses déplacements, son ravitaillement. Très souvent aussi, les intentions de l'ennemi nous étaient ainsi révélées.
Mais, au début de chaque campagne d'automne, les Viets changeaient tons leurs codes. II fallait près d'un mois a nos descripteurs pour Ie reconstituer. C'était pour notre T Bureau un trou noir difficile à combler.
Ce furent Schoepff et son fidèle radio Muet qui, grâce aux renseignements qu'ils réussissaient a nous faire parvenir régulièrement, contribuèrent largement a Ie combler. C'est ainsi qu'ils détectèrent successivement Ie passage dans la zone dans laquelle ils circulaient deséléments de la 308, de la 312 et de la 316. Schoepff naviguait pratiquement avec ses trois commandos au milieu du flot des divisions viets qui se portaient vers l'ouest. Le 16 octobre, il assista de très loin au parachutage du bataillon Bigeard dans la région de Tu Le, à 30 km au nord de Nghia Lo. Pour lui, c'était le signal que de durs combats allaient commencer. Le 17 au soir, il apprit quo le poste de Nghia Lo était tombe. Etant donne les effectifs énormes qu'il avait vu défiler et l'importance du matériel qu'ils transportaient, ce ne fut nullement une surprise pour lui.
Mais, des ce jour, il allait être coupe de son chef, le lieutenant Hans, qui avait refuse de s'enfermer dans le poste malgré la menace de l'attaque viet et, parti trop tard, n'avait pu le rejoindre. Aussi l'équipe Schoepff allait être définitivement coupée de Nghia Lo. Elle demeura reliée seulement par radio a la centrale du GCMA à Hanoi qui, hélas, ne pouvait lui donner aucun renseignement. Au contraire, la Centrale attendait avec le plus grand intérêt ceux que l'équipe Schoepff pourrait lui communiquer.
Relativement bien organise, Schoepff vivait avec ses hommes sur ses dépôts et sur l'aide que leur apportaient les villageois qui, malgré les troupes viets circulant dans la région, continuaient a les accueillir et les renseigner.
II nous demanda seulement le parachutage de deux quartz pour deux postes radio en panne. Le parachutage eut lieu avec un Beaver qui les largua avec un petit parachute de façon a éviter le repérage.
Mais la densité d'occupation des Viets était telle que le parachute fut aperçu et que la récupération des quartz dut se faire sous une grêle de balles tirées par une compagnie viet rapidement alertée. Desormais, tout parachutage était impossible.
Cependant l'équipe de Schoepff allait se maintenir dans ces conditions extraordinairement difficiles jusqu'à la fin du mois de novembre. Mais ses partisans étaient inquiets de ce déferlement viet sans précèdent. Les chefs de village Mans lui envoyèrent une délégation lui demandant de se disséminer dans les villages avec ses hommes, d'enterrer les armes et d'attendre que l'orage passe.
Pour les Mans, la dissimulation pouvait être facile. Mais, pourles Européens et leur commando Thaï, elle était impossible. Schoepff demanda donc à réfléchir. Le lendemain, dans la nuit, Ie commando Man partit, en abandonnant ses armes sur place. Schoepff et Guignard les enterrèrent et les piégèrent ainsi que tons les dépôts. Ceux-ci sautèrent lorsque les indicateurs y conduisirent des Viets.
II restait à Schoepff son commando Thaï et son commando Méos,deux Européens, Guignard et Blaizon, et son radio Thaï ; Muet avait été gravement blessé au cours d'un accrochage.
Impuissants, les maquisards assistaient au déferlement des unités viets, à l'occupation systématique des villages par 1e Viêtminh, à la destruction de l'oeuvre accomplie quelques mois plus tôt. Ils virent,
en particulier, passer les premières cohortes de prisonniers, sans qu'il leur fut possible de les secourir. Un jour, Schoepff apprit qu'un groupe armé campait dans un village ; c'était celui du lieutenant Nung. II avait été parachuté avec son commando au début du mois de septembre dans la région pour parfaire son entraînement avant de rejoindre le maquis Chocolat qu'il n'avait pas cessé sa résistance.
Ils prirent contact, passèrent agréablement la nuit dans le village avec les habitants. Nung était très connu. Mais, par mesure de sécurité, ils durent se séparer le lendemain. Nung qui connaissait parfaitement la région et ses habitants, des hommes de sa race, réussit, après de nombreuses péripéties, à rejoindre le camp retranché de Na San à la fin du mois de novembre.
Rester en zone Man, solidement occupée par les Viets, devenait impossible. Schoepff et ses maquisards durent désormais y vivre dans la plus stricte clandestinité. en évitant les villages naguère encore amis.
Ils se dirigèrent d'abord vers le Fleuve Rouge avec leurs deux commandos. Mais le Fleuve Rouge était strictement surveillé, un poste établi à chaque kilomètre environ. II était impossible de l'aborder et de le descendre en radeau avec tons les hommes, comme ils l'avaient envisagé. A la rigueur, les trois Européens pouvaient l'entreprendre mais il n'était pas question pour eux d'abandonner leurs camarades, surtout les Thaïs, sur le rivage.
Ils décidèrent d'abandonner les rives, de grimper de nouveau sur les sommets et de regagner la zone Méo, qui leur avait toujours été fidèle.
Poursuivis sans relâche par les Viets, ils quittèrent leurs chaussures pour ne pas laisser de traces. Les éléments communistes les suivaient à un jour de marche, persuadés qu'il s'agissait de forces importantes puisqu'elles étaient chaque jour en contact radio avec Hanoi et, chaque soir, passaient un message, d'ailleurs toujours impatiemment attendu par la Centrale.
Au cours de la première quinzaine de novembre, alors que Schoepff commençait son émission journalière, des réguliers viets équipés en tenue camouflée, converts de feuillages, surgirent des converts environnants et leur demanderent de se rendre.
Schoepff vida son chargeur sur son poste radio et s'enfuit dans la brousse, avec Ie sergent Guignard. Impuissants, ils assisterent au massacre des hommes de leur commando Thaï, cependant que leur propre interprete, fait prisonnier, leur demandait sur ordre des Viets de se rendre, en leur assurant qu'il ne leur serait fait aucun mal. Ils restèrent camouflés toute la journée pendant quo les Viets fouillaient systématiquement tons les fourrés sans les découvrir.
A la nuit, sur la ligne de Crète qui était leur chemin habituel de repli indiqué par les Méos, ils rencontrèrent Blaizon. Lui aussi avait réussi à s'échapper.
Sans poste radio, avec leur seule arme personnelle, quelques grammes de café soluble, une boule de riz, 1e code du chiffre, une boussole et une carte qui, malheureusement, s'arrêtait à 50 km de l'axe qu'ils avaient finalement choisi en direction d'Hanoï, ils allaient tous trois, pendant vingt-cinq jours encore, tenter de rejoindre nos lignes. Sur les sommets, les Méos les accueillaient et leur donnaient quelque nourriture. Malgré la prime importante qui leur était offerte, les Méos ne les livrèrent jamais.
Mais les Méos n'occupaient que les sommets. Pour atteindre un nouvel habitat, il fallait traverser une vallée où leurs guides s'arrêtaient. Ils entraient progressivement dans une zone qui leur était inconnue.
Dans une vallée, alors qu'ils avaient été hébergés par une famille de Thaï Noirs, les Viets les surprirent alors qu'ils mangeaient Ie riz offert par les habitants. Ils n'eurent que Ie temps de sauter sur leurs armes ; ils se battirent a coups de crosse et réussirent encore à prendre la fuite. Désormais, ils n'étaient plus qu'un misérable gibier sans cesse poursuivi.
Plusieurs jours encore, ils échappèrent miraculeusement à tons les pièges, à toutes les embuscades. Réduits à manger des racines, des lézards ou des serpents, ils virent leurs forces décliner rapidement.
Pieds nus, en guenilles, à bout de forces, ils n'arrivaient à faire qu'à peine 4 km par jour. Dans la dernière semaine de novembre, il ne leur restait que quelques munitions de carabines et deux grenades au phosphore. Ils avaient atteint la DZ ou, 1c 16 octobre, le bataillon Bigeard avait sauté. Ils retrouvèrent les harnais des parachutes. Du haut d'un rocher, ils lancèrent leurs deux grenades incendiaires sur un silo a riz autour duquel 2 à 300 soldats viets venaient se ravi-tailler. Dans la minute qui suivit, les VM se lancèrent à leurs trousses.
Ayant une fois de plus échappé, par miracle, à la poursuite qui s'engagea aussitôt et sachant que ce miracle ne se reproduirait pas indéfiniment, Schoepff envisagea des lors de se rendre. II en fit part à ses deux camarades. Malgré l'avis de Blaizon qui s'y opposait, ils détruisirent leurs armes, sortirent de la tanière ou ils s'étaient refugiés et, les bras ostensiblement levés, marchèrent ainsi en direction du plus proche village. Un groupe de combat viet parfaitement équipé les encercla aussitôt.
Après les avoir fait ficeler, Ie sous-officier viet leur donna à chacun une cigarette et les emmena au PC du Régiment pour leur premier interrogatoire. Ils étaient convenus entre eux de dire qu'ils appartenaient au bataillon para qui avait sauté 1c 16 octobre dans la région, qu'ils s'étaient égarés et qu'ils n'étaient pas arrivés à Ie rejoindre. Ils purent ainsi dissimuler leur appartenance au GCMA, ce qui leur aurait valu les plus affreuses tortures et la mort, comme quelques semaines plus tôt 1e lieutenant Hans.
C'était Ie 28 novembre 1952. Pendant plus de deux mois, ils avaient réussi à se maintenir sur les arrières viets et, pendant un mois, grace à la complicite des habitants, ils avaient pu utilement renseigner Ie Commandement sur les unités qui se portaient en direction de Na San. Ils allaient désormais subir Ie sort de tous les prisonniers faits par les Viets et, malgré deux tentatives d'évasion qui échouerent, ils resterent dans les camps jusqu'a la fin de juillet.

 


Lettre de Georges Boudarel, adressée à JY. Schoepff en février 1992.

( Les noms des personnes sitées ont été volontairement occultés


Quelques photos souvenirs

Photo de gauche :en 1995 à Meucon : de G. à D.: Jean ROSIER - JeanYves SCHOEPPF - Maurice LEDUC , trois anciens du 2° BCCP

Photo de droite à Lalaye en 1993 chez Schoepff en Alsace : Retrouvailles : Schoepff , Rosier et Cauhépé

à gauche : à Vannes en 1995 avec J.ROSIER et le colonel Charles BERNARD.(Décédé depuis ) - - - - - - - - - - - - - à droite en 1993 à Lalaye : avec J.ROSIER et le colonel JD. CAUHEPE


Il n'y a qu'un péché

de Pierre LEULLIETTE

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Vivekananda [1] est formel : « il n'y a qu'un péché. C'est la faiblesse. »

Blessé 3 fois au cours de la Première guerre mondiale, mon propre père est 3 fois reparti au combat. Il n'en est pas mort. D'autres, au cours de la Seconde, ne sont jamais partis au combat. Ils en sont morts. Comme dit un personnage de Dostoïevsky : « Messieurs, on peut avoir le cur d'Alexandre de Macédoine ou celui d'un petit chien. » En 40, les Français ne voulaient pas faire la guerre. Ils ne l'ont pas faite. Et c'est pourquoi ils l'ont perdue. « La guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires. » croyait devoir dire Clémenceau. Mais la paix n'est-elle pas, aussi, parfois, trop sérieuse pour être confiée à des civils ? Peut-être la guerre ne vous intéresse pas mais la guerre s'intéresse à vous, eut-il fallu faire savoir aux pacifistes de 40. « L'armée Ladoumègue ! [2] » diront les Allemands, de l'armée française. « Neuf mois de belote, 3 semaines de course à pied » ajoutait Céline. Une campagne ridicule mais il ne restait plus à la France, occupée et bafouée, qu'à découvrir que dès qu'on cessait de se battre, on cessait d'exister.

Quatorze-dix-huit, 39-45 Systole ! Diastole ! Au sursaut puis aux lâches sursis, succède la geste de ceux qui refusent de tomber sans combattre dans les embuscades de l'Histoire.
Et c'est l'Indo, l'Algérie.., Bizerte Au sein de la nation, l'Armée est un continent. On aurait eu tort de le croire englouti. La France se réveille, encore une fois, de son sommeil suicidaire. Face à l'asthénie collective, ils sont toujours quelques-uns à refuser que la vie de leur nation ne soit qu'une suite banale de jours sans gloire. Ceux que la laideur des mornes consentements fait souffrir s'engagent. La France menacée sur les limes de son empire, ils s'y portent. De nouvelles pages s'écrivent dans le ciel : 150 opérations aéroportées en Indochine ! « Rampants » ou volants, Indo ou A.F.N., il s'agit de repenser la pensée militaire. Il faut trouver un sens nouveau aux choses anciennes. Soldat, vous êtes un acteur. Pas un spectateur. Le premier devoir d'un acteur c'est de défendre son rôle.., ici, les armes à la main. Des guerres étranges se poursuivent où les principes du combat conventionnel ne suffisent plus.
La contre-guérilla est un art. Comme la guerre. Elle ne s'improvise pas. Constamment mouvants, les champs de bataille sont pleins de surprises tant pour l'assaillant que pour l'assailli, guerres sans front ni arrière ni avant ni gauche ni droite, où les alliés vous trahissent les premiers !
Les survivants de Dien-Bien-Phu se souviennent : ce sont les Arabes, « engagés pour la gamelle », comme on disait, les « Nord-Afs », comme on disait aussi, qui, encerclés avec eux dans la cuvette mortelle, ont précipité la chute du camps. Véritable cinquième colonne, ces « maghrébins » (comme on ne disait pas encore) ne tirèrent pas un coup de feu ! Dès le premier assaut viêt, ils se cachent, apeurés, dans les longs roseaux gris de la Nam Youm, la rivière qui court au fond de la cuvette. Dégoûtés, les paras renonceront vite à les en débusquer. Une lâcheté, une trahison, une désertion devant l'ennemi sur lesquelles les « historiens = autoproclamés seront, bien entendu, discrets comme des libellules, scotomisant le poignard (arabe) dans le dos du para.
Le colonel Langlais qui faillit y laisser sa vie, témoigne : « Mars 1954. Période des grands assauts. Il devint alors évident que les unités nord-africaines qui constituaient plus de la moitié des effectifs du camp retranché, ne pourraient pas soutenir un siège prolongé. En fait, elles disparurent toutes de la bataille le 31 mars. Et d'évoquer, plus loin, « les largages de nuit », en plein combat, de ceux qui durent « relever ces unités défaillantes » et les « effroyables conditions de ces largages sur une zone de saut bouleversée ». Et, parallèlement à la lâcheté arabe, de rappeler le courage français « des volontaires » ( pour ces sauts de nuit ) qui n'avaient pourtant jamais, de leur vie, endossé un parachute. Ils se présentèrent par milliers. Sept cents d'entre eux sautèrent dans les mêmes conditions que leurs camarades chevronnés, pour cette cause que l'on disait à Hanoï et dans le monde désespérée. Ils firent preuve d'un héroïsme digne des plus hauts faits de l'histoire militaire. » Culte du risque et de l'audace, mépris des valeurs de sécurité et de confort, défi.. ! Tant qu'il y aura des hommes pour ne pas vouloir s'arrêter de combattre.. !

C'était hier, comme était, encore, hier, la prise de Bizerte où, à son échelle, va s'illustrer notre « 2 » (2ème RPIMA). Juillet 1961. Le « 2 » saute sur la Base, attaquée par les Tunisiens. Bataille. Violent combat de 3 jours, ininterrompu des paras. Vingt-quatre morts, 100 blessés chez les Français mais 700 morts, 1200 blessés chez les arabes. La base est reprise ! Who dares wins Cette fois, encore. La France a gagné Encore, cette fois.

Et demain ? Certes, il y aura toujours des centurions pour ne jamais se dérober. Comme disait Hugo : il y a des gens qui sont nés pour servir leur pays et d'autres pour servir à table. Mais quels centurions ?

Souplesse, rapidité, surprise, bouclage, ratissage, nettoyage, « crapahutage », sabotage.., les unités « fer de lance », tant en Indo qu'en Algérie, ont fait leurs preuves. L'avenir des commandos, des paras, en relèvera. Mais dans le nouveau cadre d'une Troisième guerre mondiale, ne faudra-t-il pas plus encore ? Quand la zone de guerre, coranique, « contre les croisés et les juifs » (sic !) devient planétaire, ne s'agit-il pas bien plus de frapper juste que de frapper fort ou souvent ? Au moment même où nous écrivons ces lignes, quelque 200 « commandos » français très « spéciaux » ont pour mission de capturer un certain Oussama (Ben Laden) et un certain Omar, mollah de son état Deux cents parachutistes hautement professionnels, détachés des « Opérations Spéciales » (C.O.S), tous très volontaires et triés sur le volet (de fer !) La fine fleur des commandos d'élite Allah Akbar !

Deux cents.. ? En Afghanistan.. ? Alors qu'il y a 1 milliard 250 millions de mahométans répandus sur le monde ? J' «entends », déjà vos sourires ironiques ! Reste que la surprise, la ruse, l'habileté sont des armes sans commune mesure avec le nombre d'hommes engagés. Une patrouille de 4 hommes au moral élevé peut détruire une section, surprise, qui se croit en terrain sans danger. Les meilleurs gagnent, djihad ou pas !

Inventant le mot « aristocratie », les Grecs de l'Antiquité, dont le cur était sain, rendent hommage aux « meilleurs ». Aux commandos paras du 3ème millénaire d'être des « aristocrates » militaires ! Du légionnaire romain au chevalier médiéval, du « poilu » au « commando », la route est longue, dure et belle. C'est aussi une patrie, intemporelle : celle du courage, qui n'est jamais ridicule et permet, en tout lieu, de traverser les éprueves comme une salamandre.

C'est aujourd'hui qu'on le découvre, toute conscription abolie : il n'y a que 2 bons soldats : le volontaire et le mercenaire. C'était aussi l'avis d'Ernest Jünger, grand expert ès « Orages d'acier ».

[1]  Disciple de Ramakrisna.

[2]  Champion mondial de course à pied dans les années 30.

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 Un peu d'humour : Pour la détente

 

 Rendu à la vie civile, un para décide d'entrer à la Trappe.
La règle est sévère. On n'a droit qu'à une phrase de 3 mots.tous les 5 ans,
Cinq ans passent. Il va trouver le père Abbé et lui dit :
« Literie trop dure.. »
Cinq ans plus tard, encore, il le retrouve et lui dit :
«  Nourriture pas bonne »
Cinq autres années passent. Il retourne chez l'Abbé et lui dit :
« Je quitte Trappe.
- ça ne m'étonne pas, lui répond l'Abbé, vous râlez tout le temps ! »


Les Paras retraités

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Nous avons terminé notre pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, 1024 km à pieds à partir de chez-nous et nous y sommes arrivés le 18 juin 2004, voir la date sur le diplôme : "Compostella". Pour obtenit la Compostella il faut produire un document qui s'appelle la "Crédential" que l'on fait tamponner dans tous les villages et villes que l'on traverse. C'est après analyse des tampons de cette Crédential que l'Archévèché de Santiago délivre le certificat du pélerin qu'est cette Compostella.

 

 

 

Bravo les amis, même avec la foi, il faut le faire.

 

 

 

 

Jérôme Kauffmann et son épouse étaient à Bayonne pour fêter la St Michel après l' exploit de leur pélerinage à Saint-Jacques de Compostelle


         

 

Les Chants paras

 

Il s'agit en tout début des premiers classiques. Certains trouverons cela un peu naïf car connu de tous diront-ils.

Et bien non, détrompez vous, nous l'avons souvent constaté, si ce n'est l'air, beaucoup ont oublié les paroles depuis belle lurette.

Alors pour nous faire entendre dans nos retrouvailles, révisez, révisez . . . et faites-vous entendre la prochaine fois, c'est alors que vous aurez vraiment des gueules de PARAS.

 

 

Debout les paras

Debout les paras, il est temps d' s'en aller
Sur la route au pas cadencé
Debout les paras, il est temps de sauter
Sur notre Patrie bien aimée
Dans les prés, dans les champs,
Les pépins dans le vent
La mitraille accompagnera nos chants

Parachutiste, voit le ciel est clair
Serre les dents, il est temps de sauter
Le stick est prêt, le stick est prêt
Tout le monde ira, tout le monde ira
Pas un ne se, pas un ne se, dégonflera
Parachutiste, voit le ciel est clair
Serre les dents, il est temps de sauter

Pour venir avec nous, pas besoin d'être gros
Il suffit d'avoir du culot
Pour venir avec nous, pas besoin d'être grand
Il suffit d'avoir un peu de cran
C'est trop dur vous direz
C'est trop fort vous penserez
Allons donc un peu de bonne volonté

Parachutiste, voit le ciel est clair
Serre les dents, il est temps de sauter
Le stick est prêt, le stick est prêt
Tout le monde ira, tout le monde ira
Pas un ne se, pas un ne se, dégonflera
Parachutiste, voit le ciel est clair
Serre les dents, il est temps de sauter

Allons, les copains, avec tout le barda
Dans l'avion qui mène au combat
Surtout les copains, n'oubliez pas le pépin
Car la haut y a pas de magasin
Mais ne vous en faites pas
Même s'il ne s'ouvre pas
On se retrouvera quand même tous en bas

Parachutiste, voit le ciel est clair
Serre les dents, il est temps de sauter
Le stick est prêt, le stick est prêt
Tout le monde ira, tout le monde ira
Pas un ne se, pas un ne se, dégonflera
Parachutiste, voit le ciel est clair

Serre les dents, il est temps de sauter


1er Novembre : La Toussaint

Le chrysanthème, la fleur de Novembre
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Certains n'aiment pas cette merveilleuse fleur d'arrière saison.
Bien sûr on l'utilise à la Toussaint puisque c'est justement à cette saison qu'elle fleurit. Mais lorsque l'on prend la peine de la regarder attentivement on s'aperçoit qu'elle a une forme absolument parfaite, sans parler des innombrables coloris qu'elle nous donne.
Signification du nom latin : Chrysanthemum « fleur en or «
Le chrysanthème a gardé au creux de ses pétales un peu de mystère de sa patrie d'origine, le Japon.
Pourtant face à la fuite du temps, il favorise la constance dans les sentiments.
Blanc, il prédit : << vous aimez le vrai,vous avez raison , vous y trouverez un succès durable >>
Rose, il s'engage : << mes sentiments pour vous n'auront point de fin >>.
Jaune : il recommande l'optimisme.
Violet, il ordonne : << pensez constamment à moi >>

La Toussaint, jour du souvenir, de recueillement et de pensée particulière pour nos morts, mais aussi pour tous nos frères d'armes disparus.

Souvenons - nous . . .

Fils de France
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Oh vous qui reposez bien droit dans vos cercueils
Dans les plis d'un pépin vous servant de linceul

Que ce soit à HOA BIN, LANG SON, ou DIEN BIEN PHU
Vous étiez seuls présents et du fond de vos trous

Que pensiez vous paras ? oui quels étaient donc vos songes
Mais je dois être saoul ; pardieu est-ce qu'un mort songe

Et pourtant chaque jour je pense à vous, amis
Qui reposez si loin en pays ennemi .

Je pense à toi Lapin, je pense à tous les autres
Votre mort peut-être a évité la nôtre

Dieu sait si le destin capricieux et fatal
A vraiment bien choisi pour faire la part du mal

Sachez que les amis, les vrais pas les gonsesses
Défendent vos mémoires et ramèneront vos restes

Pour que près d'un clocher, dans un coin de chez nous
Vos familles, vos frères, et puis très souvent nous

Puissions aller fleurir vos tombes de soldats
Qui sont morts debout, debout en plein combat

Et plus tard en hiver, le soir à la veillée
Nous pourrons raconter, nous les vieux, les usés

Raconter votre histoire en la brodant un peu
Et les autres diront : écoutez le vieux gâteux

Mais nos petits enfants, eux bien sages, bien gentils
Eux ils écouteront ; eux ils auront compris

Compris que loin là-bas dans la mer de Chine
Il existait jadis un pays : l'Indochine

Ils sauront que des gars, des Marsouins, des Bigors
Paras et Légionnaires, dans ce pays sont morts

Au temps ou le soleil aux quatre coins du monde
Eclairait nos couleurs chaque jour dans sa ronde

Et lorsque le jeudi, et même le dimanche
Dans le grand cimetière, tout là-bas sous les branches

Ils verront une tombe ou il sera marqué
PARA, MORT POUR LA FRANCE , à Hué

De quelques fleurs des champs, des coucous, des pervenches
Ils fleuriront la tombe de ce vrai fils de France.

Nota : ( ce poème a déjà été édité dans notre gazette de novembre 2003)


COMMUNIQUE DE PRESSE

France Bonapartiste
Apt 388 - 60 Bd de Maurens - 31270 CUGNAUX
05.62.20.91.76 / 06.30.43.37.03

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Pour le retour de la Famille Impériale
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Après des décennies, où il aura tour à tour été traité d'imposteur, de dictateur et de lâche, l'oeuvre politique, sociale et économique de Napoléon III, le dernier souverain français, est enfin reconnue.
A l'heure où Napoléon III fait l'objet d'études mettant à jour sa personnalité, son oeuvre et où de nombreux ouvrages lui rendent sa véritable place, quoi de plus logique, quoi de plus digne pour sa mémoire et celles des siens qu'une reconnaissance officielle du peuple français. Quelle plus belle reconnaissance que le retour sur le sol natal des cendres du dernier Empereur, de l'Impératrice Eugénie et du Prince Impérial.
C'est pourquoi France Bonapartiste et le Centre d'Etudes et de Recherches sur le Bonapartisme lancent un appel aux autorités françaises et une campagne nationale de pétitions pour demander le retour sur le territoire français des cendres de la Famille Impériale. Les représentants politiques doivent se montrer aussi dignes que Louis-Philippe Ier en 1840, en effectuant toutes les démarches nécessaires pour la réalisation de cet événement historique qui sera le point culminant de la réhabilitation de Napoléon III.
La France et les Français ne peuvent oublier ce que l'on doit à Napoléon III: la réunification italienne, l'économie prospère par la révolution industrielle et le développement des chemins de fer, l'intéressement des employés dans l'entreprise, les prémices de la protection sociale, autant d'apports incontestables (et incontestés) du Second Empire, sans oublier l'urbanisation moderne de Paris que tant ont décrié alors mais que tous saluent aujourd'hui, , le percement du canal de Suez et l'enseignement supérieur ouvert aux jeunes filles.

David Saforcada
Président de France Bonapartiste

Nota, pour mémoire : Chez les Paras, nous avions un grand spécialiste de l'époque Napoléonienne : notre ami le Colonel Emile René Guéguen, ancien du 9ème R.C.P. ( voir Gazette de mars 2003 ). Consultant en histoire de la Société Napoléoniènne Internationale, il collaborait activement avec le Président Ben Weider, le prince Murat et le prince Charles Napoléon .Il était aussi un proche de France Bonapartiste.


Les Sites à voir : :

http://www.union-nat-parachutistes.org

 

http://www.drakkar-1983.

 

http://2eme-rep-more-majorum.com

 

http://www.legion-etrangere-parachutiste.com

 

http://www.dienbienphu.org


 

 

L'orgueil précède la ruine et la vanité présage la chute

 

Proverbe Chinois

 

 


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